Difficile aujourd’hui de venir bousculer un genre aussi solide que celui de la simulation automobile déjà bien occupé par des mastodontes comme Forza Motorsport ou Gran Turismo. Chaque licence majeure possède ses adeptes, ses traditions et son niveau d’exigence. C’est pourtant dans ce paysage très compétitif qu’arrive Project Motor Racing (édité par GIANTS Software et développé par Straight4 Studios), premier opus d’un studio encore jeune mais ambitieux.
Leur promesse repose sur une une simulation exigeante, mais sans sacrifier l’immersion ni le plaisir immédiat. Reste à savoir si cette audace est suffisante pour se démarquer réellement. Nous allons donc voir tout ceci via les quelques lignes ci dessous ! 🙂

Scénario : Même si de base un jeu de course n’a pas vocation à raconter un récit complexe, Project Motor Racing fait l’effort d’introduire une trame narrative. On y suit un jeune pilote repéré sur les circuits locaux, recruté par une écurie qui peine à retrouver sa place au sein des grandes compétitions internationales.
Ce fil conducteur, présenté via de courtes cinématiques et des échanges réguliers avec votre ingénieur ou votre manager, donne une véritable dimension à la progression. Les rivalités se construisent au fil des championnats, certaines équipes vous mettent la pression, et l’on sent que chaque performance a un impact sur votre statut.
Ce n’est pas un scénario qui bouleverse les codes du jeu de course, mais il contribue à donner un sens à chaque course et à éviter la sensation de répétitivité souvent présente dans le genre.
Graphismes : Visuellement, ce Project Motor Racing mise avant tout sur la finesse et la lisibilité que sur la démonstration technologique et spectaculaire. Il ne cherche pas à rivaliser frontalement avec les ténors du photoréalisme, mais il s’en approche par sa cohérence artistique !
Des prototypes LMDh aux classiques de GT issues de 50 ans de sport automobile sont reproduits avec un soin remarquable, tant dans la modélisation extérieure que dans les habitacles.
Les différents circuits tels que Spa-Francorchamps, Daytona, Mount Panorama ou encore Nürburgring, bénéficient d’un travail fin sur la lumière, de conditions météo et d’éléments d’arrière-plan qui donnent une cohérence très immersive à l’ensemble.
Mention particulière au système météo dynamique, qui transforme la piste sous nos yeux, modifiant les reflets, l’adhérence et l’ambiance générale. En effet, une pluie fine transformera progressivement la piste, créant des zones plus glissantes, tandis que des averses soudaines pourront forcer à revoir totalement sa stratégie virage après virage et tour après tour… Excellent !
Alors oui, tout n’est pas parfait non plus ! Si certaines textures secondaires (barrières, bâtiments éloignés, signalisation) manquent encore de finesse, l’ensemble reste solide, homogène et surtout lisible, ce qui est essentiel pour un jeu de course où chaque détail du décor peut influencer la trajectoire.

Jouabilité : C’est incontestablement dans la conduite que Project Motor Racing réalise son plus beau tour (…de force). Le modèle physique trouve une précision surprenante pour une première entrée dans la cour des simulations. Chaque voiture possède son propre comportement, sa manière d’accélérer, de freiner, de glisser, de réagir aux irrégularités du bitume.
On ressent immédiatement le poids du véhicule, la perte d’adhérence au moment exact où elle se produit, ainsi que la finesse des transferts de charge en entrée et sortie de virage. Ce réalisme ne bascule cependant jamais dans la frustration. On sent un véritable effort pour rendre la simulation accessible !
Ici, les aides ne se contentent pas d’agir comme des rustines, mais accompagnent réellement la prise en main, permettant à un joueur débutant, par exemple, de comprendre intuitivement ce qu’il doit améliorer.
Avec un volant, l’immersion grimpe d’un cran bien évidemment. Le retour de force est travaillé avec une finesse rare, cherchant moins à nous secouer qu’à nous transmettre les informations essentielles tel que la résistance du pneu, la vibration du châssis, la perte progressive de grip ou encore la sensation de compression sur les freins.
Même à la manette, l’expérience reste satisfaisante grâce à des réglages judicieux et une sensibilité analogue bien calibrée. On sent clairement que les développeurs ont passé des centaines d’heures à affiner la physique pour atteindre ce juste milieu entre exigence et plaisir immédiat.
Du beau boulot !

Durée de Vie : Project Motor Racing se montre étonnamment généreux. La carrière principale, pensée comme une progression structurée sur plusieurs saisons, demande déjà plus de quarante heures pour être menée à bien si l’on souhaite atteindre les objectifs majeurs.
À cela s’ajoutent des défis variés, allant du contre-la-montre technique aux missions d’endurance en passant par des essais spécifiques destinés à améliorer ses compétences.
Le mode libre permet d’expérimenter à volonté, tandis que l’éditeur de livrées offre un espace créatif très complet pour personnaliser chaque véhicule. Le multijoueur constitue un socle prometteur pour des compétitions régulières. Les serveurs sont stables, les courses fluides, et les systèmes de classement suffisamment bien conçus pour nous encourager à progresser.
On sent que le jeu a été conçu pour s’inscrire dans la durée, avec une structure pensée pour accueillir de futurs contenus sans perdre en cohérence. Même après avoir terminé la carrière, on trouve toujours une raison de relancer une course, ne serait-ce que pour améliorer un chrono, essayer un réglage inédit ou participer à un événement en ligne.
Info de dernière minute !! Grâce à l’éditeur officiel GIANTS et au portail UGC intégré, les créateurs pourront soumettre leurs mods directement, faisant de PMR le premier titre de simulation de course à proposer des mods à la fois sur consoles et sur PC. <3

Bande Son : La partie sonore joue un rôle essentiel dans l’immersion, et Project Motor Racing l’a parfaitement compris. Les moteurs constituent un vrai point fort ! Chaque catégorie, chaque type de véhicule possède une identité acoustique propre, reproduite avec beaucoup de soin.
On perçoit les nuances de régime, les variations de ton, les résonances dans les tunnels et les légers crépitements au passage des rapports. Les bruits d’environnement complètent cet ensemble avec une précision appréciable (pneus qui accrochent ou décrochent, vibrations de carrosserie, pluie qui s’intensifie sur la surface, gravillons projetés lors d’une sortie un peu trop large). Bref du grand art !
La musique, volontairement discrète, accompagne surtout les menus et laisse toute la place au réalisme sonore en course.

Conclusion : Pour un premier opus, Project Motor Racing impressionne par sa maturité.
Sans révolutionner le genre, il parvient à combiner des sensations de conduite crédibles, un contenu généreux et une identité propre. Sa réalisation solide, son modèle physique réussi et son système météo particulièrement fin lui permettent de rivaliser avec les grands noms du secteur.






















